top of page

Guérir les blessures qui se réveillent pendant les fêtes

Les fêtes de fin d’année sont souvent présentées comme un moment de joie, de chaleur et de rassemblement. Pourtant, derrière les lumières et les sourires, beaucoup de personnes ressentent une sensibilité accrue, comme si cette période faisait vibrer des cordes intérieures habituellement silencieuses. Les réunions familiales, les attentes implicites, les souvenirs du passé ou simplement le contraste entre l’effervescence extérieure et notre monde intérieur peuvent réveiller des blessures que l’on croyait apaisées. Solitude, nostalgie, déception, fatigue émotionnelle… tout semble se mélanger, parfois jusqu’à nous submerger.

C’est un mouvement profondément humain: lorsque l’atmosphère collective se teinte d’amour, de partage et d’intensité émotionnelle, nos vulnérabilités se manifestent plus clairement. Les fêtes fonctionnent alors comme un révélateur, mettant en lumière des zones de nous-mêmes qui demandent attention et douceur.

Dans cet article, je vous propose d’explorer ces blessures qui se réveillent à cette période particulière, non pas pour s’y enfermer, mais pour apprendre à les accueillir avec bienveillance. En comprenant ce qui s’active en nous, en laissant la place à nos émotions et en cultivant l’amour de soi, il devient possible de traverser les fêtes non pas en se protégeant, mais en se transformant.


1. Pourquoi les fêtes réveillent nos blessures ?

Les fêtes de fin d’année ont quelque chose de paradoxal: elles sont censées rassembler, réchauffer, célébrer… et pourtant, elles réveillent parfois des zones sensibles que nous pensions endormies. Plusieurs facteurs se combinent pour faire émerger des émotions plus intenses que d’habitude.


1. 1 Les attentes familiales et sociales

Cette période s’accompagne souvent d’une pression subtile: celle de «faire comme si tout allait bien», de sourire malgré la fatigue, de jouer un rôle familier même si l’on a changé. Les scripts familiaux – ces comportements que l’on rejoue sans y penser – réapparaissent dès que l’on se retrouve en famille. Les rôles sont parfois si figés que vous avez l’impression de régresser ou de ne plus avoir la place d’être la personne que vous êtes devenue. La dynamique des réunions, avec ses non-dits et ses habitudes, peut faire remonter d’anciennes blessures relationnelles ou réveiller un sentiment d’inadéquation.


1.2 La solitude amplifiée

Pour beaucoup, les fêtes sont synonymes de solitude, qu’elle soit réelle ou simplement ressentie. Le contraste entre l’effervescence affichée et votre propre expérience peut renforcer l’impression de ne pas être «comme les autres». Les réseaux sociaux, avec leur mise en scène de moments parfaits, accentuent cette comparaison sociale et alimentent la sensation de ne pas appartenir à un groupe, à une famille, à un cercle. La notion d’appartenance devient alors centrale: ce qui manque se voit davantage dans une période où tout semble célébrer le lien.


1.3 Les mémoires du passé

Les fêtes sont aussi un temps où les réminiscences d’enfance refont surface. Certaines dates fonctionnent comme des anniversaires symboliques, réveillant des souvenirs heureux… ou douloureux. Cette période agit comme un miroir: elle met en lumière ce qui nous a manqué, ce que nous aurions aimé vivre, ou ce que nous avons perdu. Par contraste, ce qui n’est plus – ou ce qui n’a jamais été – peut devenir plus visible et raviver des blessures anciennes.


1.4 Les émotions qui s’intensifient

La fin d’année concentre souvent fatigue, bilans personnels et obligations multiples. Ce cumul crée une sorte d’hypersensibilité, où tout semble plus fort, plus proche de la surface. On peut parler d’un véritable effet de condensation émotionnelle: en peu de temps, s’entremêlent les réunions, les préparatifs, les retrouvailles, les souvenirs, les attentes… autant d’étincelles susceptibles de réactiver des émotions puissantes.


Comprendre ces mécanismes est une première manière d’accueillir ce qui se réveille en vous avec plus de douceur et de lucidité.


2. Accueillir la vulnérabilité avec douceur

La tentation peut être grande de vouloir se « tenir », se resserrer, ou masquer ce qui bouge intérieurement pendant cette période des fêtes de fin d'année. Pourtant, la véritable guérison commence lorsque vous acceptez d’accueillir votre vulnérabilité plutôt que de la combattre. Cette douceur envers vous-même est ce qui permet de transformer une période délicate en un espace d’écoute profonde.


2.1 Comprendre que la vulnérabilité n’est pas une faiblesse

Nous avons souvent appris à associer la fragilité à une forme de défaut ou d’insuffisance. Pourtant, la vulnérabilité est avant tout un espace d’ouverture à soi. Elle révèle ce qui est vivant, sensible, précieux. En remettant en perspective cette notion, vous pouvez cesser de considérer vos émotions fortes comme un problème. Elles sont plutôt une porte d’accès à votre vérité intérieure, à vos besoins, à votre humanité. Reconnaître cela, c’est déjà adoucir une partie de la tension que vous portez.


2.2 S’autoriser à ressentir

Accueillir vos émotions implique d’abord de vous donner la permission de ressentir. Trop souvent, l’on croit qu’il faut contenir, gérer, se montrer courageux. Mais ce qui est contenu finit par se renforcer. Laisser circuler une émotion — tristesse, fatigue, irritation, nostalgie — permet au contraire de la libérer. Votre corps connaît ce mouvement naturel: il vous suffit de l’écouter.

Reconnaissez les signaux corporels (respiration courte, gorge serrée, cœur contracté) et les signaux émotionnels (irritation, flottement, envie de pleurer). Les nommer, les observer sans jugement, les accueillir simplement, revient à leur offrir l’espace dont ils ont besoin pour se relâcher. Ressentir est un acte de présence, pas une faiblesse.


2.3 Se créer un espace intérieur sécurisant

Pour accueillir vos émotions avec douceur, vous pouvez cultiver un espace intérieur où vous vous sentez en sécurité. Cela commence par des pratiques simples: une respiration plus profonde, quelques minutes d’ancrage, un scan corporel, un rituel quotidien qui vous recentre (allumer une bougie, écrire quelques lignes, boire un thé en silence). Ces gestes, même discrets, rappellent à votre système nerveux que vous n’êtes pas en danger.

Il est également essentiel d’apprendre à limiter votre exposition aux situations anxiogènes. Vous avez le droit — sans aucune culpabilité — de décliner une invitation, de prendre une pause, de vous retirer si l’ambiance devient trop lourde. Se préserver n’est pas fuir: c’est prendre soin de soi. En respectant vos limites, vous construisez une base intérieure solide, capable d’accueillir toutes les nuances de vos émotions.


2.4 Accueillir l’imperfection

Les fêtes transportent une idée souvent irréaliste de perfection: repas impeccables, relations harmonieuses, joie constante. Cette vision crée une pression silencieuse qui rend toute déviation douloureuse. Lâcher cette exigence et accepter l’imperfection est un geste libérateur.

Autorisez-vous à vivre les fêtes différemment, selon votre rythme, vos envies, vos besoins. Rien n’exige que tout soit parfaitement organisé ou parfaitement vécu. En déposant cette charge, vous vous offrez un espace beaucoup plus vaste pour respirer, ressentir et être.


Accueillir votre vulnérabilité avec douceur devient alors un chemin d’apaisement: une manière de vous rencontrer plus intimement et d’honorer ce qui, en vous, demande soin et considération.


3. Traverser les émotions sans se laisser submerger

Accueillir vos émotions est une étape essentielle, mais vient ensuite le défi de les traverser sans vous laisser engloutir par leur intensité. Les fêtes peuvent amplifier chaque ressenti, et il devient alors crucial de développer des ressources intérieures pour rester présente, stable et bienveillante envers vous-même. Traverser une émotion n’est pas la combattre: c’est lui permettre de circuler sans qu’elle prenne toute la place.


3.1 Mettre des mots sur ce qui se passe

L’une des premières manières de vous apaiser est de mettre des mots sur ce que vous traversez. Écrire dans un journal d’introspection vous aide à clarifier vos ressentis, à différencier ce qui vous appartient de ce qui vient de l’extérieur. En posant des phrases simples – «Je me sens triste», «Je suis fatiguée», «Je me sens sous pression» – vous rendez l’émotion plus concrète et donc moins intimidante.

Nommer une émotion, c’est déjà l’apaiser. Le cerveau se calme lorsqu’une expérience intérieure est identifiée. Au lieu de vous dire «Je ne comprends pas ce qui m’arrive», vous vous autorisez à reconnaître une vérité intérieure. Cela crée immédiatement un espace de respiration.


3.2 Observer sans juger

La deuxième étape consiste à adopter une posture de témoin intérieur. Cela signifie observer ce qui se passe en vous sans vous y identifier totalement. L’émotion n’est pas «vous»: c’est un mouvement qui vous traverse. Cette nuance est essentielle.

Pratiquez l’observation en vous demandant simplement: «Que suis-je en train de ressentir maintenant?». Sans chercher à modifier quoi que ce soit. Sans commenter. Sans minimiser. En distinguant l’émotion brute (la sensation dans le corps) de l’histoire mentale que vous y ajoutez (interprétations, scénarios, conclusions définitives), vous réduisez considérablement l’intensité émotionnelle. Une émotion est toujours supportable; c’est le récit autour d’elle qui devient parfois envahissant.


3.3 Techniques de régulation émotionnelle

Pour vous aider à rester ancrée, vous pouvez utiliser des outils concrets de régulation émotionnelle, particulièrement utiles pendant les fêtes.

  • La cohérence cardiaque: cinq minutes de respiration régulière suffisent pour apaiser votre système nerveux. Respirez sur 5 secondes d’inspiration, 5 secondes d’expiration, et laissez votre corps faire le reste.

  • L’auto-compassion: inspirée de la méthode de Kristin Neff, elle vous invite à vous parler comme vous parleriez à une amie chère. Cela peut être une phrase douce : «Ce que je vis est difficile, et c’est normal de me sentir ainsi.» Cette bienveillance intérieure transforme profondément votre relation à l’émotion.

  • La pause consciente: un simple rituel en trois étapes — stop, respirez, recentrez-vous — crée un espace entre l’émotion et votre réaction automatique. Cette micro-pause suffit parfois à éviter que l’émotion ne vous envahisse.


4. Prendre soin de son corps

Traverser une émotion sans se laisser submerger passe aussi par le corps, car chaque émotion s’y inscrit. Le mouvement aide à délier ce qui se contracte: une marche douce, quelques étirements, un balancement lent peuvent réduire la charge émotionnelle.

Nourrir votre système nerveux est également essentiel: privilégiez le repos, la chaleur, la lenteur. Une couverture, une sieste, un bain chaud, une soirée calme… Ces gestes simples signalent à votre corps qu’il peut se relâcher, et donc laisser les émotions circuler plus librement.


En combinant écoute intérieure, observation douce et soutien corporel, vous développez une façon plus stable et sereine de traverser les émotions, même dans les périodes les plus sensibles.


4. Transformer la blessure en espace d’amour de soi

Lorsque les fêtes réveillent une blessure, la première réaction est souvent la résistance: vouloir que cela cesse, souhaiter «être fort», espérer passer au travers sans trop sentir. Pourtant, chaque blessure porte un message profond, un appel intérieur qui, s’il est entendu avec bienveillance, peut devenir un véritable espace d’amour de soi. Transformer ce qui fait mal ne signifie pas nier la douleur, mais entrer en relation avec elle d’une manière plus douce, plus lucide, plus aimante.


4.1 Honorer le message derrière la blessure

Chaque émotion, qu’elle soit douloureuse ou subtile, révèle quelque chose d’essentiel: un besoin profond qui n’a pas été comblé, une limite non respectée, une mémoire qui demande réparation ou pardon. En accueillant la blessure non comme un obstacle mais comme une indication, vous apprenez à écouter ce qui se joue réellement en vous.

Demandez-vous: «Qu’est-ce que cette douleur essaie de me dire?». Peut-être un besoin de repos, de reconnaissance, d’amour, de sécurité, ou simplement le besoin d’être entendue. En identifiant ce message, la blessure cesse d’être un poids et devient un point d’appui: un guide qui vous indique la direction à suivre pour prendre soin de vous avec davantage de clarté.


4.2 Choisir des gestes de bienveillance envers soi

Une fois le message compris, la transformation passe par des gestes de bienveillance. Il ne s’agit pas forcément de grandes décisions, mais plutôt de petites attentions quotidiennes, des gestes d’auto-maternage: vous envelopper d’une couverture chaude, vous parler avec douceur, vous accorder du repos, vous offrir quelque chose qui vous apaise.

Renouer avec vos ressources internes est tout aussi essentiel. Vous pouvez vous rappeler ce qui vous fait du bien: écrire, marcher, écouter une musique réconfortante, cuisiner pour vous-même, méditer… Chaque geste qui respecte votre rythme est une manière silencieuse mais puissante de transformer la douleur en amour de soi.


4.3 Recréer son propre rituel de fêtes

Si les fêtes traditionnelles n’apportent pas toujours la paix espérée, vous pouvez vous donner la permission de créer vos propres rituels. Cela signifie célébrer autrement, selon ce qui vous nourrit vraiment. Peut-être un réveillon en petit comité, une journée dédiée au calme, un rituel symbolique (allumer une bougie, écrire une intention, préparer un repas pour soi), ou encore une activité qui vous reconnecte à votre être profond.

Ces traditions personnelles nourrissantes permettent de redonner du sens à cette période. Au lieu de subir les attentes extérieures, vous choisissez ce qui résonne avec votre cœur. Ce geste est en lui-même une forme de guérison: il affirme votre droit d’exister selon vos besoins et vos élans.


4.4 S’ouvrir à la connexion authentique

Transformer la blessure implique aussi de revisiter la manière dont vous vous reliez aux autres. Plutôt que de multiplier les interactions par obligation, vous pouvez privilégier la qualité plutôt que la quantité: une conversation sincère, un moment partagé en profondeur, un geste d’amitié véritable.

Oser exprimer vos limites et vos besoins est également une forme d’amour de soi. Dire non, demander de l’aide, partager votre état émotionnel ne vous fragilise pas: cela vous ancre dans une relation plus vraie, plus humaine, plus respectueuse.


En honorant vos besoins, en choisissant la douceur, en créant de nouveaux repères et en vous ouvrant à des liens authentiques, la blessure se transforme peu à peu en un espace plus vaste, où l’amour de soi peut enfin s’épanouir.


Conclusion – Une invitation à vous accueillir pleinement

Les fêtes, avec leur intensité lumineuse comme émotionnelle, ont souvent le pouvoir de révéler ce que nous préférerions laisser dans l’ombre. Mais ce qui se réveille en vous durant cette période n’est pas là pour vous fragiliser: c’est une invitation à vous accueillir plus profondément, à reconnaître vos besoins, vos limites, vos élans sensibles. En observant vos émotions avec douceur, en leur offrant un espace pour se dire plutôt que pour se taire, vous transformez peu à peu ce qui semblait pesant en un terrain fertile de compréhension et d’amour de soi.

Ces moments de vulnérabilité, loin d’être un échec, témoignent de votre humanité. Ils vous montrent là où votre cœur appelle plus d’attention, plus de chaleur, plus de présence. En posant des gestes simples de bienveillance, en réinventant vos rituels, en choisissant la qualité des liens plutôt que leur quantité, vous créez un environnement intérieur où votre sensibilité peut respirer, se relâcher, se réparer.

Ainsi, les fêtes ne deviennent plus une épreuve à traverser, mais une opportunité de retour à soi, une occasion d’honorer votre histoire et de vous offrir la tendresse dont vous avez besoin. En vous accueillant avec compassion, vous laissez émerger une force intime, une paix douce, et surtout, un amour de vous-même qui peut continuer à grandir bien au-delà de cette période.


Une femme souffle sur ses blessures passées pour se libérer pour les fêtes de Noël et de nouvel an. Cécile Bocquin, alchimiste de l'âme, énergéticienne et formatrice.

Commentaires


bottom of page